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Cannabis et sommeil

Mis à jour le 28/09/2023

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Plants de cannabis
© M a n u e l CC-BY / Flickr
Types de troubles du sommeil

Sommaire.

  1. Vertus du cannabis
  2. Action du cannabis sur le sommeil
  3. Risques du cannabis sur le sommeil

Pour ceux qui ont déjà essayé d’en consommer, le cannabis est une drogue qui a la réputation de « faire dormir ».

Oui mais aujourd’hui, l’impact du cannabis sur le sommeil reste encore controversé et mal connu. Quelle dose pour quel effet ? Le point sur une drogue pas comme les autres.

Vertus du cannabis

L’usage thérapeutique du cannabis remonte à des pratiques ancestrales et s’est poursuivi jusqu’aux années 1930 avant d’être soumis à une interdiction progressive dans le cadre de la lutte internationale contre la toxicomanie.

De nos jours, des associations de malades (sida, sclérose en plaque, cancers, dystonie, parkinson, etc.) militent pour l’utilisation du cannabis ou de la marijuana (herbe) à des fins thérapeutiques notamment comme aide au sommeil ou ou pour apaiser les effets secondaires des chimiothérapies (nausées, vomissements).

Le décret n° 2020-230 du 7 octobre 2020 (pris en application de la loi n° 2019-1146 du 24 décembre 2019 et modifié par le décret n° 2023-202 du 25 mars 2023) autorise à titre expérimental pendant 3 ans (jusqu’à fin mars 2024), l’usage médical du cannabis en France. L’expérimentation est menée depuis le 26 mars 2021 dans 215 structures de soin volontaires.

5 indications thérapeutiques ont été retenues : certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistantes, certains symptômes rebelles en oncologie, douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapeutiques accessibles, situations palliatives, et spasticité douloureuses des pathologies du système nerveux central.

Concrètement, l’ensemble des professionnels de santé participant à l’expérimentation auront obligatoirement suivi une formation via un module e-learning. Ils établiront leur première prescription de médicaments à base de cannabis et délivreront leur traitement sous forme d’huile pour la voie orale et de fleurs séchées pour l’inhalation après vaporisation. Le renouvellement et la délivrance des traitements pourront ensuite être réalisés par ces professionnels de santé ou par des médecins généralistes et des pharmaciens d’officine.

Les Pays-Bas, la Suisse, l’Allemagne, le Canada, et certains états anglo-saxons (comme l’Australie, la Californie) ont des législations qui autorisent déjà sa consommation dans des circonstances particulières, notamment thérapeutiques.

Considéré comme remède « naturel », car issu d’une plante, le cannabis contient pourtant deux substances a priori antagonistes :

  • le THC (tétrahydrocannabinol) qui a un effet sédatif ;
  • et le cannabidiol qui au contraire, accroîtrait la vigilance.
Bon à savoir

La prescription médicale du THC est autorisée en Suisse par une loi fédérale de 2011. Selon certaines études, il permet en effet de réduire la taille des tumeurs cancéreuses.

Action du cannabis sur le sommeil

Actions ressenties

Le cannabis aurait plusieurs effets dits « subjectifs » sur le sommeil de ses consommateurs. On citera par exemple la sensation :

  • d’une facilitation de l’endormissement ;
  • d’une amélioration de la continuité du sommeil ;
  • d’un sommeil plus réparateur ;
  • d’une vigilance au réveil variable.

En pratique et scientifiquement, le cannabis a des effets complexes sur le sommeil. C’est une drogue psychotrope, c’est-à-dire qui agit sur le cerveau. Si l’on a l’impression de s’endormir plus facilement, c’est à cause de l’effet anxiolytique qu’a le cannabis quand il est consommé occasionnellement (mais qui s’estompe lors d’une prise régulière).

Actions effectives

Les principaux effets concrets du cannabis sur le sommeil sont :

  • une modification des rythmes du sommeil par l’action sur la sécrétion de la mélatonine contribuant à entretenir un rythme de sommeil irrégulier, voire décalé ;
  • une diminution du sommeil paradoxal (le sommeil où se construit essentiellement le rêve) et une augmentation du sommeil profond (ce qui donne le sentiment de mieux dormir) ;
  • une altération des fonctions intellectuelles le lendemain, proportionnellement à la quantité fumée.

Selon différents témoignages, après avoir fumé un joint on a souvent l’impression de s’endormir vite et de dormir plus profondément, mais d’avoir moins « récupéré » pour autant.

Face à des insomnies récurrentes, un mauvais dormeur n’améliorera pas son sommeil s’il s’enferme dans la certitude d’avoir « besoin » d’un produit, d’une plante, ou même d’un bouquin ou de quoique ce soit pour dormir.

Bon à savoir

: Une étude menée en 1973 et publiée dans le Psychopharmacologia décrit comment 9 patients souffrant d’insomnie ont reçu différentes doses de THC, soit 10, soit 20 ou bien 30 mg. Il a été découvert que ceux qui avaient reçu 20 mg ont trouvé le sommeil bien plus rapidement que ceux ayant reçu d’autres doses. Fait intéressant, la dose de 30 mg a rendu plus difficile le fait de trouver le sommeil, ce qui a été décrit par les chercheurs comme étant dû à la nature plus psychédélique de l’expérience qui prenait le pas sur l’envie de dormir.

Risques du cannabis sur le sommeil

Même si, paradoxalement, sa consommation occasionnelle ne présente pas de risque particulier, du moins pas plus que la consommation occasionnelle d’anxiolytique ou d’alcool, il faudra tout de même faire attention à la consommation de cannabis, sous quelque forme que ce soit.

Tout comme l’alcool ou les anxiolytiques, tout est question de dose : attention à la dépendance, qu’elle soit physique ou psychologique.

Une consommation excessive de cannabis peut paradoxalement :

  • favoriser des problèmes d’insomnie chez les consommateurs (selon une étude parue en 2008) ;
  • favoriser des événements d’agitation et de somnolence pendant la journée.

En outre, le cannabis consommé sous forme de cigarette a les mêmes effets cancérigènes que la cigarette seule, voire des effets multipliés :

  • la fumée de cannabis contient dans une large mesure les mêmes substances cancérigènes que le tabac (hydrocarbures aromatiques, nitrosamines, aldéhydes, etc.), parfois en concentration plus forte ;
  • en fumant du cannabis, on absorbe plus de monoxyde de carbone qu’en fumant du tabac ;
  • il a été démontré que le cannabinoïde méthandamide synthétique intensifiait le développement des cellules du cancer du poumon.

En cas de problèmes d’insomnie récurrente et/ou d’interrogations sur une dépendance au cannabis, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Pour approfondir la question :

  • L’ensemble des risques à consommer du cannabis sur notre page dédiée.
  • Toutes les infos sur la chimiothérapie et ses effets secondaires.
  • Téléchargez gratuitement notre guide du sommeil.

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